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Le Réseau Social d’Entreprise : Collaborer, oui, mais êtes-vous prêts en tant que dirigeant à changer les règles du jeu managérial et culturel ?

Janvier 2015
Les Réseaux Sociaux d’Entreprise (RSE) intéressent de plus en plus de sociétés qui souhaitent moderniser leur image et améliorer la diffusion de l’information entre les collaborateurs. Ils sont perçus comme une nouvelle solution de développement, de productivité, d’innovation. A l’instar des réseaux sociaux publics, ils sont souvent présentés comme le fonctionnement d’avenir d’une organisation. Le Réseau Social d’Entreprise

Le Réseau Social d’Entreprise : une situation paradoxale !

Aujourd’hui, 75% des entreprises du CAC 40 ont mis en place un réseau social d’entreprise[1]. L’implantation de ce type d’outil dans les grandes entreprises, comme dans les entreprises de taille intermédiaire, progresse de manière indéniable. Cette pratique est encore plus répandue dans d’autres pays, comme l’Allemagne ou la Suède.

Pourtant, les premiers retours d’expérience ne sont pas tous aussi « roses ». Ils sont mitigés. La mise en place de l’outil soulève les premières critiques. En effet, les équipes utilisatrices ne semblent pas être sollicitées que ce soit pour le choix de l’outil ou au cours de son implémentation. En conséquence de quoi, 2 managers concernés sur 3 considèrent que la mise en place d’un RSE dans leur entreprise a été réalisée de manière insatisfaisante[2].

L’utilisation elle-même peut  poser problème. En effet, pour la moitié des collaborateurs, le RSE est un outil utilisé uniquement par des minorités spécifiques, comme les « early adopters ». Cela explique que 93% d’entre eux admettent ne pas utiliser le RSE mis à leur disposition par leur employeur[3].

Comment expliquer alors ce paradoxe entre la fulgurante montée en puissance des RSE et l’échec courant de ceux mis en place dans les entreprises ? 

Le Réseau Social d’Entreprise

Une prise de conscience des impacts sociologiques et une définition des ambitions et des gains attendus trop souvent négligées

Si le RSE est indéniablement prometteur et apporte des résultats concrets dans certaines organisations, il ne faut pas sous-estimer son impact sur les enjeux socio-politiques, sur l’organisation et sur la culture des entreprises. Ce n’est qu’un simple outil qui doit être mis au service d’une ambition profonde de changement des pratiques. Il n’est pas une solution miracle pour obtenir une agilité et une innovation sociale, de la collaboration, voire de la coopération entre les collaborateurs.

La recherche et les différents retours d’expérience montrent en effet que la mise en place d’un RSE génère plusieurs situations. 

Tout d’abord, mettre en place un RSE c’est reconnaître que dorénavant le capital social constitue une réelle valeur pour l’entreprise. Contrairement à ce que l’on peut croire, l’appropriation de l’outil n’est pas une question de difficulté d’utilisation d’une nouvelle technologie. En effet, les particularités des médias sociaux, centrés sur l’utilisateur final, ludiques, flexibles et maîtrisés dans la sphère privée, facilitent l’appropriation psycho-cognitive par les collaborateurs. Par contre, prenant conscience de l’enjeu socio-politique, chaque utilisateur défendra son intérêt individuel avant celui du collectif. La maîtrise de son capital social peut donc lui permettre de conforter ou d’assurer une domination jusque-là contrainte par la hiérarchie officielle. Ainsi l’appropriation est avant tout une question d’acceptation par la Direction Générale, et au-delà des principales forces de pouvoir, de la mise en avant d’une organisation informelle et donc de la position sociale des collaborateurs et des managers au sein de l’entreprise.

Ensuite, l’adoption de ces nouvelles pratiques, et du RSE lui-même, par les collaborateurs demeure avant tout un enjeu managérial. Etre une entreprise collaborative ne se décrète pas ! Le succès de ce changement nécessite de déterminer au préalable ce que l’entreprise met en œuvre aujourd’hui en termes de pratiques collaboratives, et ce qu’elle veut devenir réellement.

Au-delà de la volonté d’une Direction Générale, il faut prendre en compte des critères tels que la culture de l’entreprise, son environnement, ses collaborateurs, son marché ou encore sa taille. Chaque entreprise doit comprendre sa situation pour définir son niveau de maturité et le degré de collaboration qu’elle peut viser.

environnement social et culturel

Ainsi, avant de mettre en place un outil de mise en relation des collaborateurs qu’est le RSE, nous vous recommandons une démarche en trois étapes :

  • 1er temps : Evaluer le niveau actuel de maturité de collaboration de votre organisation et réfléchir sur la valorisation du capital social dans votre organisation et ses impacts, 
  • 2e temps : Identifier vos ambitions en tant qu’organisation collaborative, 
  • 3e temps : Enfin, définir les moyens de mise en œuvre de la trajectoire souhaitée (un RSE entre autres mais certainement avant cela, un accompagnement à l’appropriation de cette nouvelle culture de la collaboration).

Exeis Conseil, par son expérience d’accompagnement sur les sujets de management collaboratif et d’animation propose de vous apporter des méthodes et techniques utiles et adaptées à votre contexte pour faire de votre entreprise une organisation agile, innovante, attractive, facteur principal de votre développement.

Auteures : Sigolène Brun, Alumni EXEIS Conseil & Myriam Karoui, Enseignante chercheure - Ecole Centrale de Paris