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Nous sommes à l’aube d’une nouvelle révolution industrielle !

mars 2013 | Temps de lecture : 4 min min

Les modèles sous-jacents de nos pays occidentaux atteignent leurs limites et les fondamentaux prennent l’eau sous la poussée des changements : la mondialisation des échanges, le caractère fini des ressources naturelles au regard d’une population croissante, les systèmes de protection sociale, le niveau d’éducation, les nouvelles technologies de l’information et de la communication, le plafonnement de la productivité et de la rentabilité, les aberrations des dispositifs de finance, etc.

 Nous sommes à l’aube d’une nouvelle révolution industrielle !

A l’instar de nos sociétés, l’entreprise est en quête de nouveaux modèles pour retrouver de la croissance. Ce symptôme pourrait-il être un signe de l’époque charnière que nous vivons actuellement où il nous faut inventer le prochain cycle de croissance pour nos pays occidentaux ? En d’autres termes, sommes-nous à l’aube d’une nouvelle révolution industrielle ?

 

 

Graphique des cycles de Kondratiev ou les vagues longues de la croissance

 

 

Quelle sera la durée de cette période charnière ? 1 an ? 5 ans ? 10 ans ?

 

Dans une étude prospective[1] dès 2010, le bureau d’étude du Groupe Allianz analyse les cycles économiques et s’interroge sur la survenance d’un nouveau cycle de Kondratiev : partant de la forte décroissance issue de la crise financière, qui correspondrait à la phase de « plateau » ou récession primaire, les analystes Allianz prévoient une fin de récession portée par l’émergence de nouveaux marchés tels que les biotechnologies, les nanotechnologies, ou encore les réseaux intelligents (smart grid) et la santé. Cette approche schumpétérienne du cycle, basé sur une rupture technique ou technologique, conforte le bureau d’étude sur l’avènement de ce 6ème cycle long de l’économie occidentale. D’autres économistes, s’exprimant sur différents sites tels que Contrepoints[2], estiment la période de décroissance plus longue en Europe et aux USA, qui pourrait durer une dizaine d’année, le temps que les nouveaux modèles économiques se stabilisent, les nouveaux marchés émergent, et surtout les entreprises s’organisent en conséquence.

 

Nul ne peut le dire avec certitude, mais la communauté économique converge aujourd’hui vers cette hypothèse : nous devons nous adapter à une nouvelle ère industrielle.

 

 

Le mouvement de développement est un équilibre susceptible d’entraîner des déséquilibres

 

Même si l’analyse des performances passées n’est pas toujours gage de l’avenir, il nous paraît pourtant intéressant d’observer quelques conséquences des précédentes révolutions industrielles, pour en tirer quelques enseignements ou différences fondamentales pour cette Nouvelle Révolution Industrielle. Les précédentes révolutions industrielles ont généré plusieurs tendances perverses :

 

  • La production et la distribution de masse, animées par les économies d’échelle ;
  • La concentration de la population en ville ou mégalopoles, parfois au détriment du rural ;
  • Le creusement des inégalités sociales et le déséquilibre grandissant de la répartition des richesses dans le monde ;
  • Un niveau de santé qui globalement s’améliore mais encore des maux de grande ampleur ;
  • Une course à l’exploitation des ressources naturelles et des matières premières ;
  • La mondialisation des flux financiers, avec la difficulté à maîtriser les effets de ce levier ;
  • Des visions successives de la notion de la productivité.

 

 

Les entreprises s’échinent dès maintenant pour trouver un meilleur équilibre : c’est notre nouvelle révolution industrielle !

 

Recentrer nos activités autour de la satisfaction du Client final, améliorer la qualité de vie du salarié, utiliser les temps aménagés et le télé-travail, recourir davantage à la télé-présence et à la télé-conférence, augmenter le recours à l’intelligence collaborative, re-localiser, rénover le modèle financier en lui trouvant un autre fondement que la croissance brute, mieux répartir les richesses, recycler toujours et encore, diminuer la consommation énergétique, déconcentrer les populations … les pistes sont nombreuses !

 

Les entreprises françaises et les entreprises du Grand Ouest ont déjà quelques encablures d’avance sur certains axes, qui deviennent aujourd’hui des pré-requis pour exister dans « l’après ». Mais ce n’est pas suffisant, et bonne nouvelle, les vecteurs de succès pour entrer sereinement dans cette nouvelle ère économique sont à la fois simples, évidents, et terriblement difficiles à orchestrer :

 

  1. Avoir développé une culture et un financement de l’innovation au sein de l’organisation actuelle ;
  2. Avoir cartographié les compétences actuelles et futures dont elles disposent, ou auxquelles elles auront accès ;
  3. Avoir évalué le positionnement de leur accès aux marchés, leur distribution, les caractéristiques de leur relation client ;
  4. Avoir mesuré leur agilité organisationnelle pour être réactifs dans un modèle en cours de construction ;
  5. Disposer de la capacité financière, humaine et technique pour investir progressivement dans un nouveau business model.

 

L’innovation, c’est aussi trouver la dynamique qui vous convient, à la croisée de ces injonctions.

 

 

Et vous, quelle part y prendrez-vous ?

 

Adapter votre organisation à son environnement, en prenant soin de toutes ses parties prenantes : tel est le défi que nous vous proposons de relever. Vous le découvrirez dans la suite de ce sujet, qui sera publiée dans les prochaines semaines.

À propos des auteurs
Antoine VALLEE - Président chez EXEIS Conseil
Antoine VALLEE PRESIDENT
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Avec 25 années d’expérience, dont 16 dans le conseil, Antoine intervient principalement sur des missions de conseil en management et en déclinaison de la stratégie dans le secteur banque-assurance (pilotage, offres, organisation commerciale et métier, performance, processus, alignement stratégique SI, Poste de Travail, CRM, Innovation, Distribution, Partenariats Industriels) et le pilotage de programmes de transformation complexes, dont des logiques de partage du SI en BtoB, notamment en assurance et banque.