Le DPP (Digital Product Passport) : de quoi parle-t-on concrètement et comment y accède-t-on ?
Le passeport numérique des produits peut être compris comme une fiche d’identité numérique enrichie d’un produit. Il permet de stocker et de partager des données relatives aux éléments suivants :
✅ Identification
✅ Origines de fabrication
✅ Composition
✅ Durabilité / Réparabilité
✅ Empreinte environnementale
✅ Modalités de fin de vie et de recyclage
L’Europe met en place le passeport numérique des produits dans le cadre du règlement (UE) 2024/1781 sur l’écoconception des produits durables, pour rendre l’information produit plus transparente et accélérer la transition vers une économie plus circulaire : mieux réparer, réemployer, recycler et valoriser les produits. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie de transition écologique et de souveraineté industrielle. Elle porte aussi une conviction européenne forte : demain, la compétitivité ne reposera plus seulement sur le prix ou la performance, mais aussi sur la capacité à prouver, données à l’appui, la durabilité et la traçabilité des produits
Le DPP doit permettre à chaque acteur de la chaîne de valeur, notamment le consommateur, le réparateur, l’autorité de contrôle, d’accéder à la bonne information, au bon moment, dans un format compréhensible et interopérable. Concrètement, en fonction des catégories de produits, le DPP devra être accessible via un support numérique comme un QR code, une puce NFC ou une étiquette RFID.
Mais l’enjeu principal ne réside pas dans ce point d’accès : il porte surtout sur la qualité, la mise à jour et la sécurisation des données partagées. Selon les profils, consommateurs, réparateurs, recycleurs ou autorités, certaines informations seront publiques, tandis que d’autres devront être soumises à habilitation.
Quel est le calendrier de mise en œuvre ?
Le passeport numérique des produits sera déployé de manière progressive, avec une première échéance au 18 février 2027 pour certaines batteries (véhicules électriques, moyens de transport légers et batteries industrielles > 2 kWh).
D’autres catégories de produits devraient suivre progressivement, entre 2028 et 2030, notamment dans le cadre du règlement sur l’écoconception des produits durables (ESPR), selon un calendrier réglementaire européen précisé par catégorie. Les familles de produits concernées devraient inclure notamment
- Acier et Aluminium,
- Textiles,
- Mobilier,
- Pneumatiques,
- Matelas,
- Produits liés à l’énergie et équipements électriques / électroniques.
Certains produits restent exclus, comme les denrées alimentaires, les aliments pour animaux, les médicaments humains et vétérinaires, ou encore des produits vivants et secteurs déjà couverts par des cadres spécifiques.
Pour les entreprises, ce déploiement progressif ne doit pas être un motif d’attente, les exigences par catégories de produits seront certes précisées prochainement, mais les chantiers à mener nécessitent d’être anticipés dès maintenant : données, SI, gouvernance, processus, fournisseurs.
💡Réglementation DPP : quelles entreprises sont concernées ?
La responsabilité du DPP revient à l’acteur qui met le produit sur le marché européen : fabricant établi dans l’UE, importateur si le fabricant est hors UE, ou distributeur lorsqu’il vend le produit sous sa propre marque ou assume un rôle équivalent.
DPP : une conformité qui ne se rattrape pas au dernier moment
Le DPP ne repose pas sur un acteur isolé : il oblige toute la chaîne de valeur (fournisseurs, sous-traitants, fabricants, logisticiens, distributeurs, réparateurs ou recycleurs), à produire une donnée fiable, cohérente et à jour.
C’est précisément là que le risque se situe : une entreprise peut être juridiquement responsable, mais dépendre d’informations dispersées, incomplètes ou mal maîtrisées. Pour les organisations concernées, l’enjeu n’est donc pas de publier quelques données existantes, mais de rapidement bâtir une chaîne d’approvisionnement de confiance, sécurisée, connectée aux systèmes d’information, gouvernée clairement et robuste face aux risques cyber.
Pour s’y préparer, les entreprises doivent :
- Cartographier leurs données produit,
- Évaluer la capacité de leurs systèmes d’information (ERP, PLM, PIM, MDM) à répondre aux exigences du DPP en fonction des catégories produits concernées,
- Définir une gouvernance claire des responsabilités et des droits d’accès,
- Anticiper les standards européens d’accès, d’échange et de sécurisation des données,
- Accompagner le changement auprès des équipes et des prestataires externes.
À défaut, un DPP incomplet ou non conforme pourrait bloquer l’accès au marché européen, exposer à des sanctions et fragiliser la confiance des clients, partenaires et autorités.
C’est précisément sur ces enjeux qu’EXEIS Conseil accompagne les entreprises : cartographier leurs données produit, adapter leurs outils, structurer la gouvernance, sécuriser les processus et fiabiliser l’information tout au long de la chaîne de valeur. Nous intervenons déjà auprès des premiers acteurs concernés sur la mise en place du DBP (Digital Battery Passport), première déclinaison opérationnelle du DPP.
Ce qu’il faut retenir
Le Digital Product Passport marque une évolution majeure dans la manière dont les produits seront documentés, contrôlés et valorisés sur le marché européen.
Il ne s’agit pas uniquement d’une nouvelle obligation de conformité réglementaire, ni d’un simple QR code apposé sur un emballage. Le DPP est une nouvelle infrastructure de traçabilité produit, fondée sur la donnée, l’interopérabilité des systèmes et la collaboration entre acteurs de la chaîne de valeur.
Pour les entreprises, l’enjeu est double : se mettre en conformité avec les futures exigences européennes, mais aussi saisir l’opportunité de mieux maîtriser leurs données, d’optimiser leurs opérations et de développer de nouveaux services autour de produits plus durables, réparables et circulaires.
Les premières échéances approchent. Les organisations qui anticiperont dès maintenant les impacts sur leurs données, leurs systèmes d’information, leur gouvernance et leurs processus seront les mieux placées pour transformer cette contrainte réglementaire en avantage concurrentiel.
Vous êtes concernés par le sujet du Digital Product Passport (DPP) ?
Nous pouvons vous accompagner pour une mise en œuvre plus sereine.

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Rédigé par Arnaud HENRYManager